vendredi 24 septembre 2010

LE GUI

    Le gui de chêne et le rocher sont trois symboles étroitement associés par les druides. Trois symboles que ne désavouerait aucun hermétiste. Sous leur énigmatique simplicité se dérobent aux curiosités les vérités les plus profondes de la doctrine orthodoxe.
    Pour rester dans le domaine végétal, le gui et le chêne fournirent au druide davantage que des allégories incolores ou des symboles abstraits : Un arsenal thérapeutique, spagyrique et initiatique parfaitement objectif ! Au lecteur de démêler si c'est fortuitement que les symboles majeurs que je viens de rappeler ont pris place dans l'imagerie conventionnelle des hermétistes. Enumérer leurs ouvrages faisant allusion à certain chêne ou en reproduisant les frondaisons, ce serait en citer près des trois-quarts!
    Ce chêne, nous le rencontrons dans Flamel comme dans Cyliani dans l'ornementation des demeures philosophales de Bourges comme sur les peintures de l'athanor du Musée de Winterthur, chez Bernard Le Trévisan comme dans l'Amphithéâtre de l'éternelle sagesse. C'est l'arbre majestueux qui ombrage tout l'oeuvre hermétique ; c'est dans ses robustes branches que monte et descend l' "écureuil philosophique " d'un des médaillons du frontispice du Museum Hermeticum. Quant au gui, il me souvient que Paracelse, dans son Thesaurus Thesaurum alchimistorum, écrit, en traitant de la matière prochaine, qu'un des sujets minéraux " se trouve dans l'astre méridional et aussi sur la première fleur que le gui de la terre produit sur l'astre ". 
     Nombre d'auteurs font d'ailleurs allusion à certaine " herbe sans racines ", ou croissant sans le secours du sol, qui pourrait être, analogiquement, le gui. D'autres, il est vrai, précisent qu'il s'agit d'une algue qui a intrigué bien des chercheurs par son apparition quasi spontanée et sa disparition aux premiers feux du soleil, à de certaines époques de l'année. Algue verte et membraneuse, appelée Nostoch, Flos coeli, crachat de lune, archée céleste, chaos, - et j'en passe !… Noms prometteurs, qu'il faut se garder de prendre pour argent comptant, car les alchimistes, gens discrets, ne se servent jamais du mot propre lorsqu'il s'agit de leur magnésie, de leur feu ou de leur modus operandi.Toutefois, derrière ces appellations symboliques, gît peut-être un lièvre de belle taille.
    Pour en revenir au sujet végétal, dont la préparation présentait plus d'un point de contact avec le mercure des métaux, l'on peut dire, sans aller trop loin, que détaché au solsticê d'hiver, le gui de chêne était traité spagyriquement au cours du printemps suivant. Dans l'un et l'autre cas, une partie de l'oeuvre consistait a condenser une certaine énergie vivante (et je n'entends pas par-là le magnétisme humain) dans une substance que des purifications minutieuses rendaient apte à ce rôle de support. Du gui comme sujet et de la vigne comme moyen, les druides extrayaient les deux substances complémentaires de leur mercure végétal, animé par un agent sans lequel on restait dans l'ordre des manipulations chimiques. Au reste, le nom de Médecine universelle, donné en Gaule au gui est le même qu'emploient les herinétistes pour désigner leur élixir parfait. 
 
* *  *
    Venons-en à la cérémonie de la cueillette de la plante sacrée. Pline la rapporte ainsi : " On ne peut omettre en parlant du gui la vénération dont il est l'objet dans toutes les Gaules. Les druides, - nom donné à leurs prêtres par les Gaulois, - ne connaissent rien de plus sacré que le gui et que l'arbre sur lequel il croît, à condition que ce soit un chêne-rouvre. C'est dans les bois de chênes-rouvres qu'ils ont leurs sanctuaires, et ils n'accomplissent aucun rite sans leur feuillage. Le nom des druides... fait peut-être allusion à ce culte des chênes... Ils pensent que tout ce qui croît sur ces arbres est d'origine céleste et que la présence du gui révèle la préférence de la divinité pour l'arbre qui le porte. Le gui se rencontre très rarement sur un chêne ; quand les druides en ont découvert, ils le cueillent en grande pompe. Pour ce rite, ils choisissent le sixième jour de la lune, jour qui leur sert à fixer le début des mois, des années, et de leur siècle de trente ans.
   Ils pensent que, dès ce jour-là, elle a acquis une grande vigueur... Ils donnent au gui un nom signifiant remède universel. Au pied de l'arbre porte-gui, ils préparent un sacrifice et un banquet. Ils y amènent deux taureaux blancs... Un prêtre vêtu d'une robe blanche monte sur l'arbre et coupe avec une faucille d'or le gui qui est recueilli dans un drap blanc. On sacrifie ensuite les victimes en demandant à la divinité que son don porte bonheur à ceux qui le reçoivent. Les Gaulois (il ne s'agit plus des druides) s'imaginent qu'un breuvage fait avec du gui peut rendre féconds les animaux stériles, et que le gui est un antidote contre tous les poisons. Tant il entre d'idées et de pratiques frivoles dans la religion de certains peuples. "
  M. Jules Toutain, qui a par ailleurs parfaitement saisi la haute importance de la cérémonie décrite par Pline et qui a montré que le sacrifice et le banquet sont inséparables de la cueillette proprement dite, rapporte à la lune l'expression " remède, universel ". Et, grammaticalement, je pense qu'il a parfaitement raison. Cependant, le fait subsiste que c'est bien le gui qui est encore désigné sous ce nom précis par des gens qui n'avaient nul besoin de Pline pour savoir comment se nommait chez eux la plante vénérée.
   L'erreur vient de Pline qui a mal saisi les indications qu'il recueillait sur une pratique qu'il qualifie de " frivole ". D'ailleurs, nous verrons bientôt, à propos du fameux "oeuf de serpents" qu'il n'était pas toujours bien informé, tant s'en faut !
    J'ai assez dit que les fêtes chrétiennes ont succédé aux gauloises. Noël est la fête de la venue du Christ, fête de l'Incarnation du Verbe en même temps que fête du solstice d'hiver et de la descente des gerrnes vitaux sur la terre. Pâques, inséparable de Noël, en un sens, fête solaire également (devenue luni-solaire pour de multiples raisons que je ne commenterai pas), correspondant à l'équinoxe de printemps et, selon l'enseignement antique, fête du départ des âmes lumineuses (que je ne commenterai pas non plus)... 
   Récolté cérémonieusement à Noël, dans une pompe tout exotérique, le gui était transformé en remède du corps et de l'âme au printemps : œuvre ésotérique, silencieuse, secrète, efficiente (2).
   Le calendrier de Coligny, axé sur un comput solaire pour ainsi dire normalisé ne pouvait porter mention d'une date qui variait avec chaque année. Il y avait bien une fête fixe du solstice d'hiver, chaque 7ème jour du mois Giamon, mais, justement parce que fixe, elle coïncidait bien rarement avec le solstice astronomique. D'autre part, les druides choisissaient chaque année non seulement le jour et l'heure de la fête rituelle du gui, mais de plus, ils en fixaient aussi le lieu. On sait que le gui ne se trouve pas souvent sur les chênes. est donc de simple bon sens d'admettre que, selon les découvertes et les circonstances, il se trouvait chaque année des régions où la cérémonie n'avait pas lieu, faute de son élément essentiel. 
   Je reviens au gui, envisagé cette fois comme " élixir du savoir ". 
   Je crois avoir mentionné que l'homéopathie en utilise les hautes atténuations dans nombre de dvsfonctions nerveuses et de troubles, psychiques (convulsions, somnambulisme, états choréiformes et épileptiformes). Il y a là une indication très nette que j'ai le devoir de souligner, en avertissant les imprudents qui se livreraient à des " expériences " avec des préparations plus ou moins " spagyriques " de cette plante, qu'ils courent des risques certains et graves. La quintessence tirée du gui, administrée dans certaines phases de l'initiation effective, favorisait au plus haut point certaines facultés dites " supra-normales " ou " paranormales " (malencontreuse qualification, qui dit, au fond, le contraire de ce à quoi je fais ici allusion). Comme le légendaire Elixir des Roses-Croix, dont elle se rapproche, cette liqueur était le medium de l'illumination pour ceux qui étaient aptes à la recevoir. Le revers de la médaille, c'était le danger d'hallucination, d'obsession ou de folie incurable pour quiconque eût osé s'en servir avant l'heure et sans une préparation, - même physiologique et diététique - suffisante. Inutile de souligner que, de cette heure, nul disciple n'était juge. Pour bon nombre d'entre ces derniers, n'ayant pas acquis la qualification jugée indispensable, l'élixir demeurait un symbole, et rien de plus. Et j'ai lieu de penser que les vrais druides - j'entends ceux parvenus au faîte de l'initiation effective - n'étaient guère plus nombreux parmi les Celtes que ne l'étaient les rares chênes porteurs du rameau d'or dans leurs vastes forêts.
   C'est pourquoi je ne m'étendrai guère sur la préparation de l'arcane (au sens paracelsique du mot), ni sur les conditions accessoires mais indispensables de son utilisation.
   Je dirai seulement que son élaboration commençait là où finissait celle du simple remède. Et qu'elle exigeait la réitération de certaines opérations précédentes , un peu à la manière des trois mercures successifs de l'alchimie métallique, quoique en un moindre temps.
   Plante soli-lunaire, avec la disposition de ses branches et de ses feuilles géminées, ses caractéristiques numérales et angulaires, divisant la sphère en sixièmes et douzièmes, lui donnent 2 et 6 pour nombres naturels : L'harmonie des complémentaires d'une part et, de l'autre, l'équilibre et la perfection attachés traditionnellement à la mesure du cercle. Le gui est donc le symbole de l'amour chaste, de l'union des pôles contraires dans tous les plans de vie, relevés ou triviaux, pouvant exprimer selon les cas et l'objet en vue l'union conjugale, l'inviolabilité du serment, les rapports du maître et du disciple, la communion du divin et de l'humain, l'insulfuration du mercure des sages, etc... selon l'adaptation envisagée et le degré de réceptivité de chacun.
   Que le gui ait été lié aux coutumes du mariage et, surtout, des fiançailles, c'est ce dont subsiste maint témoignage, ce qu'on retrouve dans mainte tradition populaire. Je ne puis me livrer à cette recherche, d'ailleurs facile. Mais je ne saurais quitter le gui sans dire quelques mots sur l'oeuf de serpents, dont cet excellent Pline a parlé au rebours du bon sens, comme cela lui arrive quelquefois. Il en donne la genèse suivante :    En été se rassemblent et s'enlacent une multitude de serpents collés par leur bave et leur exsudat. Il en résulte une boule appelée " oeuf de serpent ". Les druides (ou réputés tels) le disent projeté à l'air par les sifflements de ces reptiles. Il faut le recevoir dans un sayon sans qu'il touche le sol et le ravisseur doit s'enfuir à cheval, poursuivi par les ophidiens jusqu'à ce qu'une rivière s'interpose entre eux et lui. Comme les mages sont ingénieux à frauder, ils prétendent qu'une certaine lune est à choisir pour se procurer cet oeuf, comme s'il dépendait de la volonté humaine de faire coïncider l'opération des serpents avec l'époque voulue. (3)
   Et Pline d'ajouter : " Pour ma part, j'ai vu un de ces oeufs fameux chez les druides ; il était gros comme une pomme moyenne, sa coque était dure et portait de multiples cupules comme celles des bras du poulpe. "
   Naturellement, à la suite de Pline, plus d'un s'est empressé de reconnaître un oursin pétrifié dans le fameux " oeuf ", mais cet oursin n'a été montré à notre curieux que pour lui donner le change. Ses prétendues " propriétés " sur quoi j'ai jugé inutile de m'appesantir, sont purement symboliques et analogiques, mais invraisemblables, prises au pied de la lettre. Symbolique également le rite du " passage de l'eau ". La bonne foi de Pline n'est d'ailleurs pas en cause.   Il ignorait que certains secrets n'étaient confiés ni aux " druides " schismatiques, ni même à tous les autres, indistinctement.   Les druides qui l'ont renseigné, s'il s'agit bien de druides, ne savaient eux-mêmes que la moitié des choses, sans toutefois ignorer que ce n'en était qu'une moitié. Et s'ils eussent été réellement au courant, c'est-à-dire suffisamment qualifiés, ils n'eussent pu lui tenir un langage bien différent !...

Les Vitraux

Le verre est connu depuis 2000 ans av JC, il était mis en oeuvre par les Egyptiens, et on a retrouvé à Pompéi des verres de couleur qui étaient utilisés dans des appartements comme éléments de séparation.
C'est un moine, au XI e siècle, Théophile qui a mis par écrit l'ensemble de la théorie relative à l'art du vitrail. Les premiers vitraux dans l'art religieux datent des Mérovingiens... et les restes connus proviennent de la vallée du Rhin, avec un Christ, ou d'Allemagne avec une datation approximative du IXe siècle.

Le verre du vitrail est obtenu par la cuisson à 2000 °C d'un mélange de sable et de cendre de hêtre. Lorsque le verre est liquide, il est mis en plaque par soufflage d'une boule creuse transformée en un cylindre lequel était fendu selon la méthode de Théophile. Une autre méthode utilisant la force centrifuge permettait d'obtenir un disque de 4 à 5 millimètres d'épaisseur.
La couleur est obtenue en incorporant différents oxydes métalliques. Le bleu provient de l'addition de manganèse, ce sera la méthode utilisée à Bourges, alors qu'à Chartres, cette teinte, était obtenue avec de l'oxyde de cobalt.
Le vert est fabriqué avec des oxydes de cuivre, tout comme le rouge, alors que le jaune est produit avec des oxydes d'antimoine, ces derniers étaient très coûteux.

Les vitraux servaient essentiellement à l'enseignement des jeunes clercs, car Bourges possédait au début du XII e siècle une école épiscopale,

LES BESTIAIRES

Vivre le message de l’art médiéval nécessite une autre perception que celle dont nous usons habituellement.
Les bâtisseurs du moyen âge soulignent que pour découvrir l’univers il faut d’abord se connaître et reconnaître le cosmos en soi. Pour cela l’homme doit vaincre sa propre inertie ou comme le soulignait Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
Seul l’irrationnel va directement à l’essence même des choses car il ne va pas se perdre dans les détours stériles du raisonnement et s’adresse directement au cœur de chacun. C’est pour cela que le symbole est universel et dépend dans sa compréhension du niveau de conscience de chacun. Le compagnonnage est un idéal qui permet de maîtriser le savoir et le faire dans une communion mystique, ou la part est donnée à l’œuvre et non a celui qui œuvre ; car ce dernier le fait dans une conscience collective du bien faire.
Dans les rites et coutumes du moyen âge les gens se déguisent souvent ou s’assimilent aux animaux en revêtant leurs peaux, non pour se substituer à l’animal lui-même mais pour capter l’énergie de cet animal. C’est une part de l’animisme qui surgit de l’inconscient de l’homme afin de le transformer.
Le symbole du basilic, cet animal qui pétrifie par son seul regard est un exemple frappant du symbolisme véhiculé par des gens qui connaissaient les vertus de l’image et de l’allégorie. En effet l’homme sage, pour pouvoir regarder l’animal devra le faire à travers un miroir. Ce symbole admirable nous fait comprendre  la nécessité de transparence face à la nature. Le message est clair, pour pouvoir recevoir les secrets de la nature il faut d’abord se préparer afin de savoir s’y prendre.
Les sources de la représentation animale :
Le Moyen Age vénérait le savoir de l’Antiquité classique à propos des animaux. Les érudits médiévaux copiaient et étudiaient les traités gréco-latins sur la médecine des humeurs, l’astrologie et l’astronomie, les plantes, les minéraux et le monde animal.
-          Animal totem d’abord, les tribus s’accaparaient des vertus ou qualités des animaux afin de trouver en eux une    forme de conduite. C’est la civilisation chamanique.
-          Les ivoires arabes et les tissus orientaux. En Syrie, en Mésopotamie, en Egypte, les chrétientés orientales avaient recueilli un héritage iconographique à partir duquel elles ont défini leur propre langage. En outre, les musulmans sont aux frontières de l’art roman et les contacts sont fréquents dans le royaume de Jérusalem ou en Espagne. Les artistes en ont retenu deux traits principaux : la géométrisation de formes et le traitement filigrané de la plastique.
-          Les manuscrits anglo-saxons et irlandais. Ces derniers ont reçu des moines d’Egypte des éléments iconographiques. L’Irlande et le Continent ont entretenus d’étroites relations pour la diffusion du monachisme, mais aussi dans le développement de l’art carolingien, ce qui n’est pas sans conséquence dans les origines de la sculpture romane.
-          Les Bestiaires, enfin, histoires allégoriques d’animaux fabuleux qui pullulent au Moyen Age. Les auteurs y créent une faune mystique où se mêlent animaux réels et imaginaires pour représenter allégoriquement les vertus, les vices, les passions ou illustrer l’histoire des Saints et du Christ. Dans l’introduction du Bestiaire Divin de Guillaume le Clerc , on peut lire : " Ce livre nous montre la nature et les mœurs des animaux, non pas tous, certes, mais d’un grand nombre ; on y trouvera une abondante matière à la réflexion morale, et des passages riches en enseignement théologiques. 
 L’imagerie animale :
Parmi les animaux représentés par les imagiers, on peut distinguer :
-          les animaux familiers que l’on rencontre sur les scènes de chasse, de guerre ou de voyage, les travaux des mois, les représentations de fables ou d’histoire tels que l’ours, le cerf, le paon, la chouette, le serpent, la tortue, le crabe.
-          les animaux exotiques comme le lion, l’éléphant, le chameau, le crocodile, l’aigle, l’autruche ou l’ibis
-          les animaux fantastiques : griffon, aspic, basilic, licorne, centaure, sirène, satyre, sciapode, hippopode
Symbolisme du bestiaire médiéval :

La nature faisant partie de l’harmonie universelle, au-delà de leur valeur décorative, les animaux ont une signification symbolique.
Le Moyen age a conçu l’art comme un enseignement et l’on ne peut comprendre une grande partie de sa culture sans déchiffrer son riche langage symbolique. Entreprise ardue, car certains animaux ont des caractéristiques naturelles qui leur permettent de représenter tantôt le Christ, tantôt le Diable. Lorsqu’ils s’inspirent d’animaux réels, les artistes les transforment jusqu’à les rendre méconnaissables, avec cependant une grande précision dans le détails des pelages, plumages, griffes, becs ou queues.
C’est une cours céleste qui ne se matérialise pas, qui représente un but à atteindre dans l’Au-delà. Il n’est, dès lors, nul besoin de la représenter de façon réaliste, puisque seul importe son caractère surnaturel. L’art participe à l’élan de ferveur de la chrétienté comme moyen d’élévation des âmes.

Les symboles du Christ sont nombreux. Citons la brebis ou l’agneau qui symbolisent l’innocence et le sacrifice, le poisson ou encore la colombe messagère de l’Esprit Saint.
Les oiseaux représentent le plus souvent un pouvoir de liaison avec Dieu, et symbolisent les états supérieurs de l’être se rapprochant des sphères spirituelles. Les animaux terrestres représenteront l’expression de la matière.
Les animaux entrent aussi dans les représentations symboliques de l’Evangile.
Chaque évangéliste est associé à un animal. Il s’agit de l’aigle de Saint Jean, le lion de Saint Marc, Le bœuf de Saint Luc et l’homme de Saint Mathieu. La nature fait partie de l’harmonie universelle et, au-delà de leur valeur décorative,
les animaux ont une signification symbolique.
Dans les bestiaires, les auteurs créent une faune mystique où se mêlent animaux réels et imaginaires pour représenter allégoriquement les vertus, les vices, les passions ou illustrer l’histoire des Saints et du Christ.

L’ART DE GEOMETRIE
Sur le manuscrit de Villard de Honnecourt nous trouvons sur les folios 35-36-et 38 des descriptions d’animaux servant à tracer des figures ou même des dessins comme moyen mnémotechnique. Parmi ceux-ci le cerf, le chien, le lion, le mouton, le sanglier et l’aigle forment des lignes directrices permettant de déterminer des formes et mêmes de réaliser des agrandissements. Par le biais de la mémoire par l’image ils pouvaient retenir des théorèmes  simples par la réalisation de ces figures
Le cheval : la tête de l’animal sert ici à la réalisation du triangle équilatéral dont l’œil formera le centre de la figure
Le mouton : permettra de trouver le carré long ou rectangle d’or
Le cerf : ou semblable à la précédente figure ou la surface du cercle sera de 5 fois celle du cercle inscrit dans le carré central.
Le chien: cette figure assez énigmatique serait pense-t-on un exercice de pliage comme ceux importés des arabes d’ou ils étaient connus de puis le IIIé siècle.
Le sanglier : enfin servirait de repère pour tracer un angle droit grâce au triangle dit « égyptien ».