Les rishis ont enseigné que les idées survivent dans le champ akashique en tant que souvenirs. Vous et moi, nous accédons constamment à la mémoire akashique alors que nous nous imaginons accéder à notre cerveau. Dans les cercles ésotériques, la mémoire akashique a pour rôle de nous donner des renseignements sur des défunts et sur des vies passées. Dans la psychologie jungienne l'existence d'une mémoire unique explique pourquoi les cultures partagent les mêmes mythes et archétypes. Vénus et Mars sont des créatures invisibles, et pourtant présentes et vivantes. L'akasha se souvient de tous les dieux créés par les hommes et de tous les combats épiques, de toutes les idylles et de toutes les quêtes. Nous y puisons toujours au fur et à mesure que l'histoire humaine se déroule à travers le temps.
Le cerveau a un centre de mémoire que l'on peut localiser, mais l'esprit n'est pas limité au cerveau. Considérez une expérience très significative dans votre vie - un premier baiser, ou la dernière fois où vous avez vu un grand-père bien-aimé. Ce souvenir est la trace d'un événement qui a eu lieu dans le temps et dans l'espace. L'expérience peut être réactivée dans votre cerveau, ce qui signifie que des millions de molécules qui pourraient circuler de façon aléatoire d'un neurone à l'autre savent qu'elles doivent rester groupées pour que vous gardiez votre souvenir, année après année, sans qu'il s'efface. Comment pourraient-elles avoir cette connaissance, si elles n'étaient pas douées d'intelligence ? La base physique de la mémoire reste totalement inconnue des neurologues. Aussi pouvons-nous seulement échafauder des hypothèses.
D'une façon ou d'une autre votre premier baiser survit. La vie après la mort n'est pas physique, parce qu'il n'y a absolument aucune différence entre l'hydrogène, l'oxygène, l'azote et le carbone dans un neurone et ces mêmes éléments dans un arbre, une feuille morte ou des matières végétales en décomposition.
Les neurones ne sont pas immortels. Ils meurent tout comme le reste du corps et, à chaque seconde, des atomes y pénètrent et en sortent. Alors comment un souvenir est-il transféré dans un nouvel atome ou dans un nouveau neurone quand vient le moment où l'ancien doit périr ? On n'a repéré aucun processus physique qui permette ce transfert. Alors peut-être la mémoire persiste-t-elle à un niveau qui n'est pas physique. Les neurologues défendent à cor et à cri l'idée opposée, à savoir que l'esprit existe seulement dans le cerveau. Ils se servent de scanners et d'imagerie par résonance magnétique pour prouver ce qu'ils avancent. Mais ces images ne sont que des cartes. Elles montrent les aires cérébrales quand une idée ou une émotion survient ; elles ne prouvent pas que le cerveau est l'esprit, pas plus qu'une empreinte de pas dans le sable ne peut être assimilée à un pied.
Imaginez que vous puissiez dresser la carte de toutes les vibrations qui se manifestent dans les minuscules terminaisons nerveuses en bordure de l'oreille interne. Si elles étaient représentées sur une feuille, à chacun des mots et des phrases que perçoit l'oreille correspondrait un schéma d'une infinie complexité, mais ce schéma serait seulement la carte d'un mot, non pas la carte générale du territoire. Une phrase aussi percutante que « Je t'aime » représente davantage que ses vibrations, puisqu'il est impossible de faire figurer sur la carte la plus parfaite la puissance de l'amour, sa signification et l'intention qui l'anime.
La mémoire semble être un effet de champ. Pour que vous pensiez au mot « rhinocéros » et que vous voyiez dans votre esprit l'image de l'animal, des millions de cellules cérébrales doivent agir simultanément. (Nous laisserons de côté la question plus difficile de savoir pourquoi vous avez choisi « rhinocéros » parmi tous les mots que vous auriez pu choisir, puisque tout choix de mot peut être fondé sur la raison, l'émotion ou des associations d'idées personnelles dans la mémoire. On peut apprendre à un ordinateur à choisir n'importe quel mot donné, mais il n'a aucune raison particulière de le faire - vous, vous en avez une ou plusieurs.) Les neurones impliqués dans le choix du mot « rhinocéros » ne passent pas en revue tout l'alphabet jusqu'à ce qu'ils arrivent à la lettre « R » ; ils ne prononcent pas chaque syllabe tour à tour, ils ne feuillettent pas des archives photographiques d'animaux pour associer le mot adéquat à l'image adéquate. Au lieu de cela, le cerveau s'active de façon appropriée et simultanée. Le cerveau agit comme un champ, il coordonne différents événements en même temps, excepté que nous devons admettre que le cerveau n'est pas un champ à proprement parler. C'est une chose composée d'éléments chimiques apparemment sans vie.
L'aiguille d'une boussole se déplace parce qu'elle réagit au champ magnétique de la Terre. Et s'il en était de même pour l'activité du cerveau ? Et si le champ de l'esprit envoyait des signaux ? Et si des milliards de cellules cérébrales se regroupaient en constellations pour répondre aux signaux que leur adresse le champ ? C'est exactement ce qu'a suggéré une équipe de scientifiques désireux d'innover. Henry Stapp, spécialiste de physique théorique de Berkeley, Jeffrey Schwartz, neuropsychiatre à l'université de Los Angeles, et Mario Beauregard, psychologue de l'université de Montréal se sont associés pour formuler une théorie de « l'esprit quantique » qui peut révolutionner la façon dont l'esprit et le cerveau entretiennent des rapports l'un avec l'autre. La « neuroplasticité » est au centre de leur théorie : les cellules cérébrales sont ouvertes au changement et répondent avec souplesse à la volonté et à l'intention.
Les chercheurs partent de l'explication scientifique habituelle, à savoir que « l'esprit est ce que fait le cerveau » mais, comme nous l'avons vu, une telle explication comporte de nombreux défauts. Les chercheurs postulent donc exactement le contraire : c'est l'esprit qui contrôle le cerveau. D'après eux, l'esprit est comme un nuage d'électrons qui entoure le noyau d'un atome. Jusqu'à ce qu'un observateur se manifeste, les électrons ne possèdent pas d'identité physique ; il y a seulement un nuage amorphe. De même imaginez l'existence d'un nuage de possibilités qui se présentent à l'esprit à tout instant. (Il s'agit de mots, de souvenirs, d'idées et d'images parmi lesquels l'esprit pourrait choisir.) À un signal de l'esprit, une de ces possibilités en provenance du nuage forme un agrégat et devient une pensée dans le cerveau, exactement comme une onde d'énergie se transforme en électrons. Tout comme le champ quantique, qui génère des particules réelles à partir de particules virtuelles, l'esprit génère une activité réelle du cerveau à partir d'une activité virtuelle.
Ce qui donne à ce changement de perspective une telle importance, c'est qu'il concorde avec les faits. Les neurologues ont constaté qu'une simple intention ou un acte de volonté modifient le cerveau. Les victimes d'une attaque d'apoplexie, par exemple, peuvent s'obliger, avec l'aide d'un thérapeute, à utiliser seulement leur main droite si la paralysie a affecté le côté droit du corps. En se concentrant jour après jour par un effort de volonté sur cette partie du corps, ils peuvent petit à petit guérir les aires cérébrales endommagées. On a également constaté des résultats en cas de sénescence. Des gens âgés qui ont commencé à manifester des signes de démence sénile tels que la perte de mémoire peuvent ralentir et même faire reculer le processus dégénératif en faisant faire de l'exercice à leur cerveau (on peut pratiquer « la gymnastique du cerveau », programme informatique qui ressemble à un jeu vidéo mais qui comprend des exercices destinés à renforcer certaines aires cérébrales). Des enfants nés avec une encéphalopathie infantile ont récemment retrouvé l'usage de leurs membres paralysés grâce à des thérapies similaires : le bras qui n'était pas affecté était mis en écharpe, ce qui obligeait l'enfant à se servir du bras paralysé. Avec le temps, le cerveau guérissait grâce à sa neuroplasticité…
En d'autres termes le processus de réflexion et de compréhension effectué grâce à cette thérapie modifie les cellules cérébrales. C'est exactement ce que prédisait la nouvelle théorie de l'esprit quantique. La réponse était évidente dès le début. L'esprit a toujours été capable de modifier le cerveau. Si on perd soudain un être cher ou si on se fait licencier, une grave dépression s'ensuit souvent. La dépression provient d'une décharge anormale de sérotonine, une des substances qu'on trouve dans le cerveau. C'est pour corriger ce déséquilibre physique qu'on a habituellement recours aux antidépresseurs. Pourtant, quand quelqu'un perd un être cher ou se fait licencier, n'est-il pas évident que le déséquilibre chimique s'est produit après la mauvaise nouvelle ? La réaction à la suite d'une mauvaise nouvelle est un phénomène d'ordre cérébral. En effet la multitude de mots et de pensées qui constitue notre environnement suscite en nous à tout moment d'innombrables modifications dans notre cerveau.
À supposer que l'esprit prime par rapport au cerveau, alors que penser si l'esprit est notre bien commun ? Je peux dire « mon cerveau », mais je ne peux pas dire « mon champ quantique ». Il devient de plus en plus évident que nous partageons le même champ quantique. Cette hypothèse contribuerait grandement à corroborer l'existence des paradis et des enfers, du Bardo et de la mémoire akashique, qui s'étendent bien au-delà du cerveau. Tout d'abord il nous faut examiner le genre d'idées que partagent les gens en tant que groupe. Le cerveau m'appartient « à moi », mais si les idées « nous » appartiennent, alors nous faisons tous partie d'un champ, parfois de façon tout à fait mystérieuse.
la mémoire akashique de l'homme s'étend bien au-delà de son cerveau